Qu’il me soit permis ici de défendre un montage présenté au Challenge du Diaporama Francophone. Comme souvent dans ce genre de manifestation il y a des créations qui dérangent pour la bonne (ou mauvaise) raison qu’elles ne correspondent pas aux images diffusées par nos médias bien pensants. Pourtant ce ne sont pas les mauvaises nouvelles qui leur manquent mais justement une catastrophe masquant l’autre nous finissons par ne plus les assimiler en profondeur.

Au départ l’utilisation du noir et blanc gène en majorité les spectateurs qui sont matraqués en permanence par des images saturées de couleurs mais pourtant de plus en plus insipides comme le sont nos aliments industriels saturés d’exhausteurs de goût. Il est vrai qu’ici tout est traité en demi-teintes de gris, aucun contraste ne vient émailler la désespérance de cet univers dévasté. L’œil ne peut s’accrocher à un relief particulier et c’est ce qui en fait un révélateur d’une pensée inquisitrice. Là nous devons faire un effort pour décoder un message qui en devient d’autant plus important. Et pourtant, et pourtant, les photos sont techniquement d’une grande qualité et je conseillerais vivement de revoir ce montage avant de lui jeter la pierre !

Je dois vous dire aussi que j’ai vécu, par personnes interposées, la fermeture de la manufacture de

Châtellerault, c’est pourquoi l’expression de cette solitude industrielle me touche particulièrement. Le silence des machines devient d’autant plus assourdissant que pas une voix ne s’élève et ce ne sont que des affichages lumineux modernes et glacés qui sèment la confusion dans cet univers déjà ravagé. Les machines elles-mêmes ayant disparu, nous sommes désemparés devant ces images comme les ouvriers fantômes qui hantent encore ces ruines. Cette absence de bruit semble chercher une compensation dans une musique à tendance « métal »  mais ce n’est sans doute qu’un leurre dans notre milieu vieillissant. L’absence de réaction devant ces images ne révèle-t-elle pas les prémices de l’effondrement de notre civilisation annoncée par Michel Onfray ?

Je dois vous avouer enfin que ce n’est quand même pas la réalisation que j’ai le mieux noté mais, que voulez-vous, je succombe aussi trop souvent à la facilité !

Bonne journée et n’oubliez pas notre séance du 20 février consacrée à d’autres audiovisuels qui méritent eux aussi et sans aucun doute une deuxième chance.

                                   Le chat pitre du 26 janvier 2017

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